samedi, 26 septembre 2009

Mon boulot, en trois mots ..

(SLAM)

Je travaille sur l'A26, sans carburer à la 8-6 ; en 2-4/2-7 votre trajet est effectué et arrive le moment de payer ..
Trois mots de vocabulaire à vous débiter, et selon votre tête en sus quelques débilités ; je suis habilité à créditer vos comptes courants quand vous vous arrêtez, à m'opposer à vous encaisser si la banque vous a lister ..
Bonjour .. ah non, c'est pas la même musique, bien que nous soyons sur la même longueur d'onde ..
Aucune réduction induite pour votre bonne conduite, et ne tentez pas de prendre la fuite ; à vouloir franchir les barrières, on ne peut s'affranchir d'une si moche entrée en matière ; Au péage, je suis conscient que c'est le prix qui fait autant de ravages ; que l'on voudrait tordre le coût, et pour le coup, desserrer la ceinture ;
Pour votre sécurité, et parce qu'avec la monnaie il est inutile de palabrer, ce péage est doté d'un détecteur de faux-billet ; veuillez vérifier votre monnaie, que votre portière est bien fermée et que vos phares sont allumés. Histoire de me faire bien voir, j'élargis ma fonction de péager, et bien que ma jeunesse m'autorise à quelques ivresses, ces mots de sagesse ne me confessent davantage de largesses ; Seul l'esprit se doit d'être assez large pour que l'attitude appelle à la gratitude ;
Ne me remerciez pas, car votre titre de transit est refusé ..
.. et les insultes ont fusés ! ..
Sur l'A26, c'est aux péages que sont les orages. 11/07/2005

 

(BIENVENUS ALIX, MAXIME, FRANCOISE, ANTOINE)

dimanche, 17 mai 2009

Code de la Route

Bonjour...

 

Avis à ceux qui veulent se taper un demi-tour alors qu'ils se seraient trompé de direction;

si il y a des gendarmes ou bien encore la PAF, vous risquez gros !

 

Petit rappel : 

"Marche arrière ou demi-tour sur autoroute :

Art. R 421-6 du code de la route. Contravention de 4ème classe. Amende forfaitaire : 135€. Suspension de permis : 3 ans. Points perdus : 4."

Au péage aussi.

 

Au revoir, merci. 

mardi, 26 août 2008

c'est pas gratuit aujourd'hui ?

Réplique que j'affectionne, je l'avoue.. Elle ne raisonne pas souvent mais à chaque fois me rappelle pourquoi je puis confesser autant de choses. La réponse est toujours sincère,

"AH NON, FALLAIT PASSER HIER !

Désolé.. Merci... AU REVOIR QUAND MÊME hEiN !... "

Tout est une question de transit..

 

Dans le monde de l'autoroute, on parle de bouchons pour désigner un engorgement..

Notre gastro-entérologue ? Il a très mauvaise réputation.

Le transit ? On le rend fluide autant que faire se peut..

lundi, 23 juin 2008

l'été au péage

Dans mes souvenirs, c'est un balais intempestif de barrières qui montent et qui descendent, parfaitement alignées et parfois même, en même temps.

Dans mes souvenirs, il y a des sirènes et l'odeur des gaz d'échappements, les bolides qui accélèrent très vite parce que je regarde ces voitures avec des yeux d'enfant; il y a des pièces toutes plates et des paniers remplis, des tickets qui s'envolent et des tas de petits moments comiques.

Et puis il y a les tristes mines des gens de payer mécontent; mais content, une fois la barrière levée. Ces gens qui se dépêchent de la franchir, de peur qu'elle ne se referme. Dans ces souvenirs, il y a des petits trains, des motos, des voitures de collection, des hommes d'affaires, des teufeurs, des stars et des tour-bus, des routiers, des ouvriers, des vacanciers, etc, etc, etc...

Lors de l'été, les vacanciers sont les plus préssés, agressifs, cynique. Que du bonheur pour le receveur; un sourire est gratuit mais l'action de s'affranchir de l'autoroute ne prête pas à sourire, le fait est là. Dans mon souvenir, les vieux ne se plaignent pas de trop et encouragent alors que derrière quelqu'un les klaxonne puis les insulte pour qu'ils avancent, enfin. Dans mon souvenir, ce métier était humain..

Aujourd'hui, une seule dame s'est plainte auprès de moi. Elle s'était trompée quelques kilomètres plus haut, on lui a indiqué un numéro de sortie qu'elle a confondu avec celui de mon autoroute. L'erreur est humaine..

Arrivée au péage, elle a pris un ticket puis a fait demi-tour. Le montant du péage n'est dans ces cas, pas gratuit. Pour cette dame, c'était le prix minimum compte-tenu des prix pour les autres trajets. J'ai eu beau lui expliquer que je ne faisais que mon travail, qu'il faut mettre le ticket et le prix s'affiche, elle me demandait avec insistance pourquoi elle devait payer. Elle rajoute qu'elle est actionnaire de cette société, que cela ne se passera pas comme ça.

Ca s'est passé ainsi : elle a payé, comme tout le monde.

C'est comme un parc d'attraction, mais vous payez le prix du manège à la fin.

"C'est le ponpon !" Vous avez raison Madame. C'est la seule chose dont je me souvienne.. Dans mes souvenirs, faut l'attraper pour avoir droit à un tour gratuit. Cherchez l'erreur.

"Marche arrière ou demi-tour sur autoroute :

Art. R 421-6 du code de la route. Contravention de 4ème classe. Amende forfaitaire : 135€. Suspension de permis : 3 ans. Points perdus : 4."

"-Bonjour.. 1€70 s'il vous plaît. Merci... Au revoir." etc, etc, etc...

dimanche, 11 novembre 2007

La pièce 10 Fr.

 

La pièce 10 balles

 

Il arrive que des pièces de 10 francs refassent une apparition éclaire au péage. Celles qui passent entre les mailles du filet (les mains du péagiste) repartent la majeure partie du temps dans le circuit..

Cependant, il faut avoir l'oeil aguérri pour en voir une se dissimuler au milieu d'un petit lot de métal.

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Il m'est arrivé de me rendre compte qu'on m'avait filé une pièce 10 balles quelques secondes après que la voiture ne reparte; le léger sourire du conducteur aurait dû me mettre sur la piste. Je passe alors la tête par la fenêtre pour le féliciter tandis qu'il me regarde par son rétroviseur. Ca ne dure pas bien longtemps mais c'est sympa.

 

Et puis, il y a le live. On se rend compte et un dialogue s'engage :

« -non, c'est une pièce de 10 francs que vous m'avez mis là.. Je vous la redonne, vous la refourguerez bien dans une boulangerie..

-vous croyez ?

-Oui.. ou sinon au prochain péage ! » Et hop ! Dans le circuit.

 

samedi, 13 octobre 2007

Du bon usage du titre de transit

Ce morceau de 8cm par 5 est le sésame pour passer la barrière. Rapellons que le passage du péage s'effectue en deux temps:

-On donne son ticket au péagiste/On introduit son ticket dans une machine

-On s'aquitte du montant du trajet/On introduit sa carte bancaire.

 

Que se passe-t-il si on perd ce ticket ?

Allez, qui n'a jamais coincé son ticket dans son pare-soleil; malencontreusement perdu alors que la vitre gauche était ouverte, le soleil et vous aussi à l'ouest par un bel après-midi sur autoroute.. Ce morceau de quelques centimètres glissé au-dessus de l'autoradio, près du tableau de bord et qui se sera egaré entre deux jointures; ce petit bout de papier qu'aux gens qui ne comprennent pas le péagiste mime en joignant ses deux mains pour former un petit rectangle..

Allez, je sais que cela arrive souvent..

Et puis il y a ceux qui avouent l'avoir perdu et qui le retrouvent quelques secondes plus tard; ceux qui démontent leur autoradio de l'habitacle pour le rattraper..

Que se passe-t-il si on perd son ticket ? Alors, pas de problème, c'est une réplique que j'affectionne:

« je suis désolé, mais c'est le tarif le plus cher.. » Votre réplique est en général sous le coup de la colère, mais je ne peux pas vous en vouloir. Et je me mets un peu à votre place; il est tellement plus simple de s'en prendre à un employé plutôt qu'à un système..

D'ailleurs, vous ne pouviez pas le savoir, c'est inscrit au dos.. Qui prend le temps de retourner son ticket et lire cette prescription :

«Conserver ce titre de transit, il vous sera demandé en gare de sortie.

Pas de titre de transit = Trajet le plus cher. »

 

Bon voyage... et, gardez votre billet avec vous. Au revoir, merci...

mardi, 02 octobre 2007

passer du pareil au pas même

Bonjour. A chaque fois que je retourne travailler, je me dis cette phrase : c'est toujours pareil. Un sentiment de routine m'envahit alors jusqu'au plus profond de moi; dans la solitude de l'être qui travaille se côtoie une multitude de situations qui passent en un instant comme passe le vent. Un vent pollué, d'ailleurs.

A chaque fois que je m'en retourne travailler, je me redis cette phrase : ils n'ont pas leur pareil, ce travail n'est qu'un appareil, je suis un appât réel, au capitalisme et à la productivité. Les voitures défilent et je ne suis qu'un arrêt, je ne suis qu'une main tendue attendue non pas au tournant mais bel et bien en file indienne. J'ouvre la paume, j'ouvre la bouche, je montre mes dents, je remonte les joues de chaque côté de mon visage. Je vois une couleur, j'entre un chiffre et puis non, je ne l'entre pas, je fais confiance à ma mémoire, je cherche dans les rangées de pièces celles qui feront une somme, je cherche et j'additionne. Je ferme la paume, je la tends, j'ouvre la bouche, je montre mes dents alignées et pas blanches, je remonte les joues de chaque côté de mon visage. J'ouvre la paume, je rends une couleur, plusieurs morceaux de métal avec des numéros dessus. Je regarde les dessins sur les pièces, les dessins sur les visages des voitures, les pneus, les autocollants, la plaque qui la suit, les visages qui attendent. Je vois des visages qui cherchent, parfois des mots mais souvent des morceaux manquant à une somme. Ce qui s'additionne est une tranche de vie, l'espace temps de la moitié d'une minute. Des tranches fines, des tronches affinées, d'autres avinées, des tranches épaisses et pire, des lourdes, des tronches tirées, fatiguées, qui font la gueule, qui râlent sans ouvrir la bouche, qui ne montrent pas leur dent mais qui aboient. Elles ont toutes une paume, il manque parfois un doigt, c'est parfois à deux doigts de tout faire tomber. Il manque parfois un morceau de bras, des vrais ongles, de politesse, de finesse, d'humanité. On s'échange des morceaux de métal, des grands des petits, des moyens qui sont tous de paiement quoiqu'il se passe, on montre nos dents sans toujours remonter nos joues le long de nos visages. Ca dure pas bien longtemps, mais ce n'est jamais pareil.  

A chaque fois que je travaille, je ne sais pas ce que je cherche. Je ne sais pas où vont ces visages, d'où ils viennent, je doute parce que je ne connais pas encore par coeur mes départements. Enfin si, je sais d’où ils viennent, j’ai la gare d’entrée, je suis en quelque sorte la gare de sortie. Je presse un bouton qui ouvre une barrière possible à la continuité d’un voyage. Quand je prend mes fonctions, j’appuie sur un autre bouton qui met un feu au vert. Ma voie est ouverte, mon visage est fermé. S’avancent mes premiers clients, qu’on appelait autrefois aussi, des usagers. A la question de savoir ce que l’on me doit, j’ai envie de répondre aux cravatés, le respect, aux riches, une broutille, aux sourds, par des mouvements de lèvres. Quand je travaille, je prononce deux syllabes, j’ouvre la paume, j’attrape un ticket, je lève les yeux à un écran, je prononce un chiffre et trois syllabes. J’en dis deux ensuite, je vois une couleur, j'entre un chiffre, je cherche dans les rangées de pièces celles qui feront une somme, je cherche et j'additionne. Dans la main droite cette somme, que je balance ensuite dans la main gauche. J'ouvre la paume, je rends une couleur, plusieurs morceaux de métal avec des numéros dessus. Parfois je ne rend rien. Je prononce à nouveau mes deux syllabes, « merci », j’en rajoute trois, « au revoir ». Ca dure pas bien longtemps, mais ce n’est jamais pareil.

A chaque fois, c’est le même travail mais avec des visages différents. Les moteurs sont différents, les modèles les couleurs tout aussi, le bruit est différent, les paumes plus grandes où plus petites, une réponse où non aux syllabes se fait entendre différemment. Pendant 450 minutes à chaque fois, la machine à remonter les joues, à compter, à citer sa dizaine de syllabes, à montrer les dents, fonctionne, s’exécute. Ce qui ne rend pas ce métier routinier ? C’est toujours pareil mais ce n’est jamais les mêmes personnes.

En face de vous seulement, un être tout aussi humain. Au revoir, merci.

lundi, 06 août 2007

journée noire, idée noire

Dimanche

05 du mois d'août 2007,

hier,

Merci aux deux personnes m'ayant laissé chacune 10 centimes de pourboire.

Journée classée noire et dans les voitures toujours pas de boîte noire,

pour enregister les moments de peage.

Merci et au plaisir pour les sept-cent quatre-vingt-sept, autres.

Dimanche 5, 05h00 du 8ème mois de l'an deux mille sept;

Quoi de neuf au peage ?

Cinq, six, sept, affolement vers 8 heures.

J'ai quitté à treize, par chance.

Sans une once de cigarette vers onze,

avec seulement dix petites minutes de pause vers 10h10.

A 12, c'était la loose, la faim au corps. J'ai eu très faim.

J'ai mis au rouge à treize,

fatigué de compter..

etc, etc, etc

Vivement les vacances.