vendredi, 07 décembre 2007
ticket post-mortel
Il m'est arrivé à quelques reprises d'être traversé par des frisssons lorsque certains véhicules passaient dans ma voie.
La première fois, j'ai vu des hommes armés jusqu'aux dents debarquer et veritablement encercler le péage. Il ne s'agissait pas d'une attaque comme l'on pourrait être amené à le penser, car ces hommes, jusqu'aux dentitions plombées, appartenaient au corps de la Gendarmerie.
L'escorte en question concernait un Poids-Lourds (cl.4) qui transportait des matières radioactives. A 13 centimètres de soi, ce petit logo jaune sympathique comme tout et des militaires qui n'ont pas envie de rigoler.. Je me souviendrai longtemps.
La seconde et les fois suivantes, il s'agissait des pompes funêbres; un dernier voyage en quelque sorte pour le passager -homme ou femme- à l'arrière. Et souvent, les voitures qui la suivent font partie de la famille. Un frisson qui s'étale dans le temps avec, pour la circonstance, quelques têtes d'enterrement..
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lundi, 05 novembre 2007
Un petit peu de 75
Je n'ai pas l'habitude de m'en prendre aux Parisiens; leur réputation fait le reste.
Cependant, ce matin, un Monsieur se présente à mes côtés. Il abaisse son carreau et me dit, texto : « Télépéage » Voici le reste de la conversation..
« -Oui, monsieur, bonjour.. Il faut le décrocher et me le passer..
-Mais -'bonjour'- attendez.. (il attrape son TIS) Vous n'êtes pas équipé de voie pour ça ? Mais c'est n'importe quoi.. (le ton monte, mais sans agressivité dans sa voix)
-(je prends son Tis et le passe sur la borne équipé à cet effet dans ma cabine et je le garde en main..) Ah mais, regardez Monsieur ! On est en train de faire des travaux exprès pour vous.. (je lui montre de la main et du regard la gare à ma droite) Bientôt, grâce à cette petite chose, il n'y aura plus de péagiste..
-Ce n'est pas mon problème ! Je peux vous dire que moi, je fais beaucoup de kilomètres par an et c'est bien la première fois qu'on me demande ça ! (léger agacement parce qu'il ne pouvait pas s'en aller sans sa petite boîte magique)
-Eh bien, monsieur, je pense -sincèrement- que ce sera la première et la dernière fois.. (ton de la tragédie, avec un soupçon de comique; je lui rends son Tis) On supprime notre emploi au profit des machines..
-Ah mais Monsieur.. (il démarre pour s'en aller) Ca va plus vite !
-Evidemment ! Merci, au revoir.. »
Avec une petite fierté personnelle de lui avoir fait -un peu- perdre de son temps.. Je suis payé à l'heure après tout, pas à la pièce. Quoique..
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